.New York magazine (12 Mai 2010)
Kate Beckinsale fait ses premiers pas au jury du Festival de Cannes
Sur le tapis rouge humide a l'extérieur de la chic cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes hier, des assistants en costume rouge tenaient des parapluies au dessus de la tête des célébrités alors qu'elles se dirigeaient vers les salles de réception bondées de l'Hôtel Majestic. A l'intérieur, autour d'une table croulant sous les desserts, Benicio del Toro discutait dans un coin avec Gael Garcia Bernal, Tim Burton nous a dit que l'expérience Cannes était déjà "un trip étrange", et un groupe d'invités peu discrets en costume faisaient semblant de ne pas observer Kate Beckinsale, digne du glamour de la Croisette dans une courte robe dorée, les cheveux savamment relevés. Nous avons interrogé la membre du jury Cannois sur son approche de son rôle de critique, et elle nous a raconté sa première fois à Cannes, ou comment elle a porté "des Doc Martens à bout métallique sur le tapis rouge" en espérant simplement qu'elle "n'avait pas de taches" sur ses vêtements.
Question: Y a-t-il un type de film particulier que vous espérez récompenser ici à Cannes?
Kate Beckinsale: Dès le départ Tim [Burton] a été très clair sur le fait que nous n'arrivions pas avec une idée toute faite sur le sujet, et c'est très bien. Nous n'espérons pas un film de type politique, ou quoi que ce soit d'autre. Nous sommes tous impatients de commencer et de découvrir les films qui nous sont proposés. C'est ce qui me plaît dans ce groupe, ça fait seulement deux jours, mais pour l'instant personne n'a l'air d'avoir de préférence particulière pour un type de film. Tout le monde attend d'être surpris et ému.
Q: Comment allez-vous procéder? Prise de notes?
KB: Je suis arrivée en retard à cause des ennuis avec le volcan et j'ai loupé le dîner d'inauguration et tout ça. Du coup je me suis dit, "et merde, tout le monde sera bien préparé sauf moi." J'allais justement poser la question: est-ce qu'on est censés prendre des notes ou est-ce que les gens vont s'énerver s'ils me voient écrire? Je pense que je vais prendre des notes. Ça fait beaucoup de films, deux par jour.
Q: Vous êtes-vous sentie obligée de réviser avant de venir?
KB: Évidemment! Je me suis assurée que j'en savais assez sur les réalisateurs et leurs précédents travaux. Je ne voulais pas débarquer comme une néophyte.
Q: Vos souvenirs préférés de Cannes?
KB: Je suis déjà venue deux fois. La première fois, c'était une expérience très choquante. J'avais dix-huit ans, je venais de faire Beaucoup de Bruit pour Rien et mon agent ne m'avait pas dit que je pouvais emmener quelqu'un avec moi, ni rien du tout. Donc j'étais toute seule et je crois que je portais des Doc Martens à bouts métalliques sur le tapis rouge! Je ne savais pas ce que je faisais. Nous n'avions pas [la même préparation qu'en Amérique], en Angleterre. Nous n'avions pas de coiffeurs et maquilleurs. On se pointait comme ça en espérant juste qu'on n'avait pas de taches sur nos habits. Et je me souviens avoir monté les marches jusqu'à la salle de projection en pensant "Waw, c'est comme aller à un concert de rock!" Ça fait du bien de revenir maintenant que je suis vieille, et que j'ai un peu plus l'habitude de ce genre d'événements.
Q: Vous faites partie des vétérans maintenant.
KB: Pour l'instant je n'ai pas de flash-backs du Vietnam, heureusement.
Q: Quels sont vos futurs projets à présent?
KB: Je fais un film avec Karen Moncrieff, qui a réalisé The Dead Girl et Blue Car. Notre film s'appelle The Trials of Cate McCullough, et je joue une avocate qui doit s'occuper du cas d'une jeune fille clairement coupable - mais ensuite elle découvre qu'elle est innocente et... vous voyez le genre. Mais il est très bien écrit. Et je suis en discussions pour un film en Irlande cet été [appelé On Finaghy Road.]
Q: À propos de réalisatrices, il n'y en a pas en compétition à Cannes...
KB: Oui, mais on dirait bien que je vais travailler avec deux d'entre elles cette année. C'est l'année Kathryn Bigelow! [Première femme à recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur, NdT]
Q: Avez-vous l'impression que les choses évoluent dans ce sens?
KB: Quelqu'un a demandé à la conférence de presse pourquoi il n'y avait pas de réalisatrices et je ne sais pas. Je n'ai travaillé qu'avec une seule jusque-là, j'espère qu'après cette année ça en fera trois. J'aimerais qu'il y en ait plus. C'est important d'avoir un peu de sensibilité féminine dans le monde du cinéma.
Interview par Logan Hill pour New York magazine
Traduite par Alice © Ultimate Kate Beckinsale